Le gouvernement fédéral à l’écoute du Haut-Saint-François : l’itinérance au cœur des discussions
- il y a 4 jours
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Le 24 avril dernier, la CDC du Haut-Saint-François a accueilli une délégation politique de premier plan. Caroline Desrochers, Secrétaire parlementaire du ministre du Logement et de l’Infrastructure, accompagnée de notre députée fédérale Marianne Dandurand, est venue rencontrer les organismes communautaires du milieu. L’objectif : aborder de front l’urgence de l’itinérance dans notre région, en plus de nous parler du déploiement imminent de nouveaux programmes fédéraux issus de l’Agence fédérale canadienne Maisons Canada.

Une expertise locale pour des solutions nationales
L’expertise de la CDC et de ses membres est une fois de plus reconnue. Notre récente recherche-action portant sur la situation de l’itinérance dans notre territoire, a servi de base à la discussion. La rencontre a en outre, permis aux organismes présents de partager avec les élues leur réalité et enjeux dans l’accompagnement quotidien de personnes vivant la précarité résidentielle. Des solutions ont été proposées :
Développer des logements abordables, d'urgence et de transition : Créer des filets de sécurité pour éviter que personne ne se retrouve sans option immédiate.
Optimiser les différents programmes de financement : Favoriser un financement pérenne, destiné au travail de proximité et d'accompagnement des personnes.
Une crise qui n'épargne pas notre région
L'itinérance n'est plus un phénomène réservé aux grands centres urbains. Les statistiques dévoilées en avril par le gouvernement du Québec sont alarmantes :
+20 % d'augmentation de l'itinérance visible en trois ans.
12 000 personnes vivent désormais dans la rue, un sommet historique.
En Estrie, on dénombre officiellement 718 personnes en situation d'itinérance.
Et ce n'est que la pointe de l'iceberg. Ces chiffres ignorent l'itinérance cachée : ces personnes qui dorment dans leur voiture, dans des abris de fortune ou qui pratiquent le « sofa-surfing » chez des proches, sans aucune stabilité.
L'économie du bon sens
Selon les données compilées par l'Union des municipalités du Québec (UMQ), le coût de l'inaction est frappant :
Laisser une personne dans la rue coûte environ 72 500 $ par année à l’État. En revanche, les modèles de logement avec soutien, éprouvés par la Commission de la santé mentale du Canada, démontrent qu'on peut loger et accompagner dignement une personne pour environ 25 000 $, tout en générant des économies nettes pour le système de santé et de justice.
En logeant les gens dignement, nous réduisons la pression sur :
Les services d'urgence (ambulances et hôpitaux)
Le système judiciaire et policier
Les services de crise de dernier recours
Un choix de société
La dignité d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses citoyennes et ses citoyens les plus vulnérables. L'itinérance n'est pas une fatalité, c'est le résultat de choix collectifs.
En collaborant ensemble, plutôt qu'en travaillant en vase clos, nous choisissons de transformer ces statistiques en visages, et ces visages en citoyennes et citoyens logés, soutenus et respectés.
Engagements et prochaines étapes
Mesdames Desrochers et Dandurand ont pris la pleine mesure de la crise de l’itinérance et de la précarité résidentielle qui frappe le Haut-Saint-François, reconnaissant que nos enjeux ruraux exigent des solutions distinctes des modèles urbains. À cet égard, la délégation a confirmé que les nouveaux programmes en infrastructures, attendus dans les prochaines semaines, seront dotés d’une flexibilité accrue, dans une optique de prévention.




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